Apprentis d'Auteuil

Impact Jeunes : de l’envie à la réussite professionnelle des jeunes des cités

Impact Jeunes, un programme d’insertion inédit en faveur de l’emploi des jeunes des quartiers prioritaires des Bouches-du-Rhône, vient d’être lancé à Marseille. Il est coordonné par Apprentis d’Auteuil. Explications de Pierre Burello, directeur sud-est de la fondation.

Qu’est-ce qu’Impact Jeunes ?  

Lauréat du Programme d’Investissement d’Avenir (PIA), un programme piloté par le commissariat général à l’Investissement mis en place par l’Etat pour financer des investissements prometteurs sur le territoire, Impact Jeunes a pour but d’expérimenter et de modéliser une méthodologie innovante d’intervention, qui se concentre sur le retour à l’emploi des jeunes d’une barre d’immeubles, à l’échelle de trois quartiers des Bouches-du-Rhône : Félix-Pyat et la cité des Lauriers (Malpassé) à Marseille, les Ferrages à Tarascon. Il démarre pour une durée minimum de trois ans avant d’être déployé à plus grande échelle.

D’où est né le projet ?

Le projet s’inspire notamment d’une action mise en place depuis vingt ans dans une cité de Harlem, le Harlem Children’s Zone. La Préfecture des Bouches-du-Rhône a créé depuis deux ans une belle dynamique autour d’Impact Jeunes. Nous nous y sommes tout naturellement intéressés, jusqu’à en devenir les coordinateurs, à la demande du territoire.

Quel est l’objectif de la démarche ?

En finir avec la dispersion, en concentrant les efforts sur un périmètre restreint ! Le but est vraiment que chaque jeune du projet puisse trouver une solution professionnelle à court ou moyen terme, en étant suivi et orienté via un accompagnement global. Nous sommes attendus quant aux résultats : l’enjeu est de toucher  3000 jeunes de 15 à 30 ans, dont 500 dans chaque cité pilote, avec un taux d’insertion qui doit avoir progressé de 15 % !

Et ses spécificités ?

J’en distinguerais trois principales : l’échelle réduite de trois barres d’immeubles – du sur mesure -,  le travail en partenariat et les liens avec les entreprises. Nous avons recruté pour ce faire trois « boosters territoriaux »,  des professionnels complémentaires des travailleurs sociaux.

Quel est le rôle  de ces professionnels  ?

Aller à la rencontre des jeunes et de l’ensemble des acteurs associatifs qui tournent autour d’eux, pour trouver des solutions individuelles à chacun. Leur mission consiste également à faire du lien avec les entreprises locales. Des résultats visibles sont rapidement attendus. Concrètement, au quotidien, Ils vont commencer par faire du porte à porte dans les cités concernées pour ramener les jeunes vers l’emploi et mettre les uns en relation avec les autres.

Qui sont les partenaires impliqués ?

Une cinquantaine, tant privés que publics, parmi lesquels les collectivités, des services publics comme la CAF ou la Mission locale, des acteurs économiques comme Carrefour ou Vinci, des associations porteuses sur le terrain de projets socialement innovants et complémentaires. Tout ceci pour une action concertée au service des jeunes en difficulté !


 Le projet Harlem Children’s Zone (HCZ)
prodigue depuis plus de vingt ans , à plus de 10.000 enfants concentrés en plein cœur de Harlem, des services éducatifs, médicaux et sociaux avec un budget annuel estimé à 40 millions de dollars en 2009. Ses résultats forcent l’admiration, avec, ces dernières années, pratiquement 100 % des élèves du CE2 de la HCZ ayant obtenu des scores égaux ou supérieurs à la moyenne aux examens de l’État. Un résultat sans précédent pour une école des quartiers défavorisés du centre-ville de New York.
Au cours de la campagne présidentielle 2008, Barack Obama a salué la Harlem Children’s Zone comme  « une action anti-pauvreté tous azimuts, qui sauve littéralement toute une génération d’enfants dans un quartier où ils n’étaient pas censés avoir la moindre chance ».

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